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Sa vie son oeuvre

Assassinat

L’assassinat de Louis II : complément d’information

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En 1967, le conservateur en chef des collections de peinture de l’Etat de Bavière – le professeur Siegfried Wichmann – reçoit de la part d’un juriste de Francfort une demande inhabituelle. En effet, celui-ci le prie de bien vouloir faire restaurer une toile étrange en sa possession : un triple portrait réalisé par le peintre Kaulbach montrant à gauche le profil du docteur Schleiss, l’un des médecins habituels de Louis II de Bavière, à droite l’écuyer Richard Hornig, visiblement éploré, et au centre le visage renversé de Louis II, bouche ouverte, au terme de son agonie du 13 juin 1886.

Intéressé par l’histoire du monarque depuis toujours, Wichmann sursaute dès qu’il voit le tryptique. Outre les portraits des deux familiers de Louis II, la représentation de Louis II mort dépasse le cadre de toute convention. Immédiatement, Wichmann photographie la peinture et en tire des clichés en couleur. Quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’il découvre à l’agrandissement que du sang s’écoule de la bouche du roi ; un détail sur lequel le peintre a visiblement particulièrement insisté. Peu de temps après, le juriste se ravise et récupère sa toile sans explications. Par la suite, Wichmann tentera de retrouver sa trace, mais sans succès. Il semble s’être volatilisé.

En marge de cette découverte surprenante, Wichmann  put acquérir ultérieurement lors d’une vente aux enchères le journal du docteur Schleiss, dans lequel celui-ci  avait consigné nombre d’observations concernant les événements tragiques qui aboutirent à la mort de Louis II. Dans ce journal, Schleiss fait notamment état de menaces directes pour sa vie s’il révèle ce qu’il sait. Parmi des lettres et des notes éparses comprises dans ce lot d’enchères, Wichmann découvrit un papier sur lequel Schleiss s’adressait précisément au peintre Kaulbach, et où celui-ci lui le complimentait pour le réalisme de l’œuvre qu’il avait justement eu sous les yeux en 1967. Schleiss confirmait la parfaite adéquation entre la scène observée le 13 juin 1886 et le résultat.

Par le biais des notes de Schleiss, le professeur Wichmann reconstitue les faits de la manière suivante :

Le médecin se trouvait bien sur les bords du lac de Starnberg le soir du 13 juin 1886 en compagnie des frères Hornig et de leur ami le peintre Kaulbach, dans le but de faire évader le roi. Hélas, à leur arrivée, Louis II est déjà mort, étendu sur le sol, le docteur Gudden, bien vivant lui, s’affairant autour du corps afin de maquiller la scène en accident. Voyant cela, Gudden panique et s’ensuit alors une empoignade musclée avec Richard Hornig qui finit par tuer l’aliéniste. Le groupe repart précipitamment, laissant les deux cadavres derrière eux. La vision de Louis II mort après avoir été abattu dans le dos par une arme à feu donne alors lieu au tableau que Kaulbach réalise ensuite.

L’implication de Schleiss dans le complot d’évasion peut être recoupée par les notes du pêcheur Lidl (voir Annexes et documents ), quant à la présence aux environs de Berg des frères Hornig le soir du 13 juin, elle est également confirmée par le témoignage de la comtesse Rambaldi qui voit son époux et les deux hommes embarquer en direction du lieu de détention du roi. A la question posée : « Mais pourquoi faire une promenade en barque en pleine soirée, et par un temps aussi menaçant ? », il lui fut répondu sèchement : « Parce que cela nous plaît. »

Enfin, dans ce cas de figure, le décalage des montres de Gudden et de Louis II trouve une confirmation logique : le roi est bien mort près d’une heure avant l’aliéniste. De plus, la panique des officiels et des autorités, le cafouillage de la version officielle et quantité d’autres contradictions trouvent leur explication dans le fait que la mort de Gudden n’était, elle, pas prévue au programme. D’où l’improvisation des différentes déclarations ultérieures, les incohérences des témoignages car il fallait trouver dans l’urgence une version plausible et recevable auprès du public pour l’existence de ce deuxième cadavre plus qu’encombrant.

Récemment, le docteur Wichmann a publié les résultats de ses découvertes dans un livre. Mais à la suite d’attaques violentes et répétées de la presse et de gens visiblement dérangés par cette version des faits, il a décidé de ne plus s’exprimer sur ce sujet.